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Bienvenue en ce passé et en ces terres qui, pour paraître aujourd’hui dérisoires, extraordinaires voire exotiques furent tout simplement le quotidien de notre enfance, de notre jeunesse ou de notre monde professionnel.
C’était hier et nous le savons tous. Les femmes et les hommes de la campagne, des bourgs et des villes ne ménageaient pas leurs efforts pour nourrir leur famille et pour élever leurs enfants. Dans des petites maisons peu éclairées, la cheminée chauffait les murs et les cœurs tandis que la fumée conservait la nourriture et le plafond noirci.
Dehors, pluie, neige ou vent rappelaient à chacun que l’existence est humilité, que la vie est cadeau de la nature et qu’il convient de la partager avec tous ceux qui bénéficient des mêmes faveurs c’est-à-dire l’ensemble des vivants. Protéger les sources, fortifier les racines, baigner le vert dans l’oxygène actif sont devenus œuvres de passion alors qu’ils furent actes réflexes. Les choses se devaient d’être bien faites.
Le soleil embrassait le travail, la lune éclairait un peu le sommeil. Le voisin pouvait compter sur chacun et inversement ; parler aux gens, aider celui qui était mal pris n’avaient de nom que le geste inné du cœur à l’égard du voisin.
Personne n’imaginait qu’un jour, ceci deviendrait la chose géniale qui, à sa seule évocation, délie langues et consciences : la solidarité.


Kerminig (1946 – 1967)
Plus qu’un récit, ce livre raconte des scènes réelles qui se sont passées dans un hameau du centre Bretagne à l’époque où le premier tracteur, rouge et étincelant, sorti de nulle part, impose sa présence à tous. Les uns l’ont voulu puis qu’ils l’ont acheté après bien des palabres qui ont abouti au « oui » de la patronne, les autres se sont moqués du fainéant qui ne voulant plus marcher passaient son temps assis, prétendant qu’il travaillait. Dans le même temps ou presque, on inaugura le transformateur et on alluma l’ampoule électrique chez ceux qui ont pensé que l’électricité était utile, les autres ont considéré que leurs ancêtres ayant toujours vécu sans ce luxe, ils n’avaient aucune raison de payer un compteur et de l’électricité dont on ne voyait même pas la couleur.
Kerminig donne à réfléchir sur le comportement des hommes face à la nature. A cette époque, les activités étaient profondément et naturellement écologiques. La question de savoir s’il fallait nettoyer les rives du ruisseau ou entretenir parfaitement un talus ne se posaient pas. Personne n’aurait compris que ce ne fût pas fait avec le plus grand soin. Une hermine vient à l’occasion, en sage, alerter les hommes qu’elle croise au hasard du chemin sur ce que seront les ans 2000 qui verront tourner au désuet les choses de la vie, qui verront remplacer les gestes simples par de puissantes machines qui, arrogantes jours et nuits, écraseront sur leur passage les plantes nourricières et les animaux qui n’auront même pas le temps de se rendre compte pourquoi ils doivent rendre leur âme si violemment et si prématurément.
Ce livre est donc une réflexion bucolique sur la vie à la campagne qui fait revivre l’époque des années 50 – 60 à ceux qui l’ont connue et qui constitue un documentaire authentique pour les plus jeunes qui disent volontiers « c’était autrefois ». Cet autrefois que l’on trouve dans ce livre, «était le présent de leurs parents ou de leurs grands-parents. Cet autrefois, c’était donc hier, si proche de nous.
Les 309 pages se déclinent en huit chapitres dont le premier rappelle le départ pour Paris d’un jeune couple, le second se rapporte à l’herbe qui conditionnait la nourriture des animaux et par conséquent la survie de la ferme, le troisième c’est la moisson avec les battages vécus de l’intérieur et leur évolution. Si les animaux de la ferme deviennent animaux de compagnie dans ce livre, c’est à bon escient. Quant à la vie de la maison au rythme nouveau des nuits éclairées, elle rappelle que sans télévision et sans réfrigérateur on ne s’ennuyait pas. Les enfants non plus pas plus que les jeunes ne trouvaient le temps long. Que d’amitiés simplement partagées, que d’amours juvéniles aux saveurs indélébiles vécues sur les sentiers ou auprès des fontaines.
Un chapitre consacré aux recherches de diversifications conclut le livre.


Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le hameau de Kerminig aborde les trente Glorieuses avec enthousiasme. Certains habitants plongent, tête haute dans la modernité tandis que d‘autres perpétuent, tête tout aussi haute, le digne héritage de leurs parents.
Le tracteur, l’électricité, les communications rapides pénètrent l’existence des humbles obligés de s’adapter aux valeurs de l’argent. Les odeurs, les saveurs, les images, les musiques, les sentiments s’expriment tout au long de scènes bucoliques vécues par ceux qui oublient, peu à peu, de parler aux animaux. Tout ça ne fait plus rire les oiseaux.
Les enfants s’éveillent, les Papillons Verts du bal entonnent « elle était si jolie… ». Tenue légère, jupe courte, les jolies mômes en vacances enflamment Kerminig.
De temps à temps, une hermine habillée de saison rappelle à qui la rencontre le bonheur d’une existence solidaire avant de lui raconter en flash ce que sera demain : les ans 2000 qui vivront, en live, mains vertes et blue tooth.
Témoignage ethnologique intensément 50 – 60, nature vivante et alerte, Kerminig vous propose de partager un agréable moment à la chaleur de ses feux et au bleu de ses yeux.
Kerminig ou Ker an erminig, le village de l’hermine est celui qui fut vécu par des millions de personnes dans la deuxième moitié du XXe siècle. Il conduit chacun vers son île celle de l’être humain fier de la nature qui lui est prêté le temps de sa vie.
On peut indiquer que Kerminig est un petit hameau situé en Bretagne. Il aurait pu être situé dans chacune des provinces européennes. Les relations au sein de ces petits villages étaient partout, à l’époque, identiques.
Chantegaline

Affaire de cœur
Pleins de cœur et de raison, les enfants de Kerminig grandissent au chant des oiseaux, des sources, des bois et des rivières. Les filles des greniers s’épanouissent discrètement et voient le loup au grand soir.
– A notre époque, ressassent les parents, les jeunes ne couraient pas comme ça, on se mariait entre voisins de connaissance et on avait des enfants comme tout le monde, ajoutant que chez eux, personne ne manque de rien.
–On veut profiter de notre jeunesse, dès aujourd’hui ! répondent les demoiselles, filles de leur mère.
Nées quelque part, avant guerre, Delphine, Denise, Agnès vivent leurs années pivoine, leurs amours de vingt ans et leur existence d’épouse et mère, pleinement immergées dans les Trente Glorieuses (années 60, 70, 80).
Rêve pompon pour l’une, terre nourricière pour l’autre, hasard de Jersey pour la troisième, sont, pour toutes, amours complices, émotions de l’existence et nobles racines. Leur existence : le bonheur d’une vie acceptée, bien conduite et bien remplie.
Ainsi, en foyers rayonnants, se poursuivent pour elles les affaires de cœur, si fortes aujourd’hui qu’elles chantent ces temps où gallines et comparses étaient fierté de cour.


La vie des Saints bretons raconte les terroirs.
Les vieux moines bretons, devenus « saints » par la seule volonté populaire, souvent issus de l’immigration insulaire aux Ve et VIe siècles, ont introduit leur propre pratique religieuse. Ils sont, avec leurs disciples, les fondateurs des ermitages (lann) et des paroisses primitives (ploe). Le développement d’un fort sentiment religieux aux XIe et XIIe siècles a joué un rôle essentiel dans la propagation de leur culte d’où la naissance des « loc », lieu consacré, en Bretagne.
Pour chacun des moines en question, le livre raconte la vie, quelques légendes, et les endroits où il est vénéré. Quant aux variantes du nom que porta chacun d’entre eux, elles sont autant de prénoms bretons attribués aux enfants d’aujourd’hui. Et, en effet, avoir accès à la vie complète d’une telle personnalité ainsi qu’aux localités qui lui sont consacrées se révèle fort intéressant pour celui qui, comme elle, a porté une identité similaire.
Pour les futurs parents et grands-parents, il est agréable de disposer ici plus de 2000 prénoms réellement bretons.
Bretagne des Saints et des croyances permet à chacun de faire connaissance avec 550 saints bretons, 2200 variantes de leurs noms et plus de 1250 localités qui leur doivent leur appellation.
Cet ouvrage est préfacé par Michel Mohrt de l'Académie Française.
